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2 mars 2011

Quand une femme attaque un homme avec son animus.

L'absence d’authenticité est ce qu'un homme expérimente quand il est attaqué par l'animus d'une femme. Il sent qu'elle n'est pas elle-même, qu'elle n'est pas authentique. Cela crée un problème délicat qu'un homme ne sait en général pas affronter.
(..)
Un homme pourrait essayer de lui parler de manière raisonnable, mais en général il s'énerve, il se laisse envahir par son anima et n'arrive plus du tout à lui parler. Elle rejette alors sur lui tous ses malheurs d'une voix enfantine, plaintive et pleine de reproches; et lui, avec son coté sentiment peu développé, il se sent mal à l'aise et s'irrite, ne répond pas, claque la porte, ou prend le journal, ou bien allume la TV et boude. Elle devient alors de plus en plus furieuse. L'animus et l'anima se constellent l'un l'autre dans une scène caractéristique.

Marie-Louis von Franz
La voie des rêves

7 févr. 2011

De la localisation de l'anima et de l'animus.

Ils vivent et fonctionnent manifestement dans les couches profondes de l'inconscient, dans (...) l'inconscient collectif. Cette localisation pour une grande part explique leur étrangeté: ils communiquent à la conscience éphémère une vie psychique inconnue appartenant à un lointain passé, l'esprit de nos ancêtres ignorés, leurs modes de vie et du monde, en face des dieux et des hommes. l'existence de cette couche archaïque forme probablement la racine de la croyance à la réincarnation et aux souvenirs de "vies antérieures".



C.G Jung
La Guérison psychologique

6 août 2010

Animus et Anima.

Après que les aspects "inférieurs" du moi ont été rendus conscients et intégrés, on voit généralement apparaître, dans l'inconscient, la figure du sexe opposé. Si la conscience accorde la prédominance à l'aspect de logos de la vie, comme c'est généralement le cas chez l'homme, l'aspect d'éros est personnifié dans les rêves par des figures féminines, et, inversement, lorsque le moi accorde la suprématie à l'élément éros de la vie, ce qui est le plus habituel chez la femme, on voit se présenter des personnifications masculines. Les images inconscientes du sexe opposé sont désignées par Jung du mot d'anima chez l'homme et d'animus chez la femme. L'anima manifeste sa présence chez l'homme, principalement sous forme d'humeurs ou de dispositions d'âme, de phantasmes érotiques, d'impulsions ou de désirs de vivre; l'animus chez la femme apparaît plutôt comme impulsion à agir, initiative, discours, opinions, convictions ou idées autonomes. Ces composantes sexuelles de la personnalité forment un pont permettant la relation avec l'autre sexe (la plupart du temps sous forme de projection); mais elles constituent également un obstacle notable à la compréhension du partenaire ou de la partenaire. En effet l'anima provoque habituellement une irritation chez l'homme et l'animus chez la femme et c'est en cela que réside la fameuse inimitié des sexes. La plupart des difficultés conjugales ont là leur source.



Marie-Louise von Franz
C.G.JUNG, Son mythe en notre temps

17 nov. 2008

De l’archétype de la Mère.

Jung a regroupé les aspects les plus importants de l’archétype de la Grande Mère suivant des représentations typiques comme, au niveau personnel, celles de la mère, de la grand-mère, de la belle-mère, de la nourrice, de la bonne d’enfants, de l’aïeule, de la déesse, de la Vierge Marie, de la Sophia. Elle est la fin du désir de délivrance. Elle est le paradis, le royaume de Dieu, l’Église, le morceau de terre, le ciel, la terre, la foret, la mer et les eaux stagnantes, la matière, les enfers, la lune, le champ, le jardin, la roche, la grotte, l’arbre, le jaillissement de la source, les fonts baptismaux la fleur, le mandala, le four, l’âtre, la vache, le lièvre et les animaux domestiques en général. Psycho1ogiquement elle représente un principe bienveillant, choyant, qui donne support, qui active la croissance, qui fertilise et qui nourrit. C’est le lieu de la transformation, de la renaissance, du secret, du caché, du sombre, du monde des morts, de ce qui dévore, empoisonne, angoisse, et de l’inévitable. Toutes ces représentations procèdent de l’archétype de la Mère primordiale.

Marie-Louise Von Franz
Matière et psyché

26 oct. 2008

De l'image archétypique de la femme.

Dans notre civilisation judéo-chétienne, c'est-à-dire dans une tradition strictement patriarcale, l'image archétypique de la femme ne figure pas (...). Il en résulte que, d'une part, l'anima de l'homme est négligée, et que, d'autre part, la femme est incertaine quant à sa propre essence; elle ne sait ni ce qu'elle est, ni ce qu'elle pourrait être.
(...)
Dans une structure matriarcale (...), les femmes ont une confiance spontanée en leur nature féminine (...). Elles ont une assurance  toute naturelle dans leur existence et leur comportement humains.

Marie-Louise Von Franz
La femme dans les contes de fées.

10 déc. 2007

La réalité de l'âme.

(...) je voudrais faire remarquer que nous avons en quelque sorte, 3 degrés à distinguer pour l'âme:
  1. la conscience;
  2. l'inconscient personnel qui se compose en premier lieu des contenus devenus inconscients, soit parce qu'ils ont perdu leur intensité et sont par conséquent tombés dans l'oubli, ou parce que la conscience s'en est retirée (ce qu'on appelle refoulement), et ensuite de ces contenus, perceptions sensibles en partie qui, par suite de leur trop faible intensité, n'ont jamais atteint la conscience et sont pourtant entrés de quelque façon dans la psyché;
  3. l'inconscient collectif, héritage de possibilités représentatives qui n'est pas individuel, mais généralement humain, même généralement animal et constitue le fondement proprement dit de psychisme individuel.
C.G Jung
La réalité de l'âme.

21 juin 2006

De la différenciation chez l'homme civilisé.

Dans la mesure où la distinction entre le sujet et l'objet n'est pas consciente, il règne une identité inconsciente. L'inconscient est en effet projeté dans l'objet, et l'objet introjecté dans le sujet, c'est à dire rendu psychologique. Alors les plantes et les animaux se comportent comme des humains, et les humains sont à la fois eux-mêmes et des animaux, et tout est animé par des esprits et des dieux.

L'homme civilisé se croit naturellement bien au dessus de tout cela. Mais à la place il est bien souvent identifié toute sa vie à ses parents; il est identique à ses affects et à ses préjugé et il taxe effrontément les autres de ce qu'il ne veut pas voir en lui-même. En fait, il possède encore un reste d'inconscience primitive, c'est à dire d'absence de différenciation entre le sujet et l'objet. A cause de cette inconscience il est influencé sans réserve par des humains, des objets et des circonstances innombrables; son esprit est rempli d'éléments parasites presque au même degré que celui du primitif, et c'est pourquoi il a tout autant besoin de magie apotropéique. Il n'utilise plus les sachets de médecine, les amulettes et les sacrifices d'animaux, mais les sédatifs, les névroses, le "progrès", le culte de la volonté et ainsi de suite.

Toutefois, s'il parvient à discerner que l'inconscient est une grandeur déterminante auprès du conscient et à vivre de manière à tenir compte, dans le mesure des possibilités, des exigences conscientes et inconscientes, c'est à dire instinctives, le centre de gravitation de la personnalité totale n'est plus le moi, qui est simplement le centre du conscient, mais une sorte de point virtuel situé entre le conscient et l'inconscient que l'on pourrait désigner du non de Soi.



Commentaire sur le Mystère de la Fleur d'Or - Carl Gustav Jung