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20 août 2009

De l'intégration de soi-même.

Si j'avais laissé les choses demeurer sur le plan de l'émotion, il y a lieu de penser que j'aurais été déchiré par les contenus de l'inconscient. Peut-être aurais-je du les refouler, les dissocier,les scinder; mais alors, j'aurais immanquablement été victime d'une névrose(...). Mon expérience eut pour résultat de m'apprendre combien il est salutaire, du point de vue thérapeutique, de rendre conscientes les images qui résident, dissimulées, derrière les émotions.

C.G. Jung,
Ma vie.

17 nov. 2008

De l’archétype du Père.

(...)Dans le pôle opposé, c’est-à-dire l’archétype du Père qui représente l’esprit, nous trouvons les associations mythologiques suivantes : l’air qui se meut, le vent, le souffle des fantômes, ce qui excite la folie, les apparitions d’esprits défunts; on pense au pneuma, à la psyché, aux lutins, aux esprits, aux diables, aux démons, aux anges, aux vieillards secourables. Au niveau personnel, on associe cet archétype à la figure du père, du vieux professeur, de l’autorité du prêtre. L’esprit est l’élément de la psyché qui active, qui donne des ailes, qui meut, ravive, stimule, excite, allume, inspire et dynamise. Il excite l’enthousiasme et l’inspiration. C’est pourquoi Jung a défini l’esprit comme un principe de mouvement spontané et d’activité qui possède la qualité intrinsèque de produire des images libres et situées au-delà de la perception sensorielle, et la capacité de les manipuler de manière autonome et souveraine. 

Marie-Louise Von Franz
Matière et psyché

26 oct. 2008

De l'image archétypique de la femme.

Dans notre civilisation judéo-chétienne, c'est-à-dire dans une tradition strictement patriarcale, l'image archétypique de la femme ne figure pas (...). Il en résulte que, d'une part, l'anima de l'homme est négligée, et que, d'autre part, la femme est incertaine quant à sa propre essence; elle ne sait ni ce qu'elle est, ni ce qu'elle pourrait être.
(...)
Dans une structure matriarcale (...), les femmes ont une confiance spontanée en leur nature féminine (...). Elles ont une assurance  toute naturelle dans leur existence et leur comportement humains.

Marie-Louise Von Franz
La femme dans les contes de fées.

9 août 2008

De l'image de la mère qui a été chantée et célébrée dans tous les temps et dans toutes les langues.

C'est cet amour maternel qui fait partie des souvenirs les plus touchants et les plus inoubliables de l'âge adulte, et qui signifie la secrète racine de tout devenir et de tout transformation, le retour au foyer et le recueillement, le fond primordial silencieux de tout commencement et de toute fin. Intimement connue et étrange comme la nature, amoureusement tendre et cruelle comme le destin, dispensatrice voluptueuse et jamais lasse de vie, mère de douleurs, porte sombre et sans réponse qui se referme sur la mort, la mère est amour maternel, elle est mon expérience et mon secret. A quoi bon toutes nos paroles trop prolixes, trop erronées, trop pauvres, voire trop mensongères au sujet de cet être humain appelé mère, dont - pourrait-on dire - le hasard fit le porteur de cette expérience qui enferme en elle ma mère, moi, toute l'humanité, et même toute créature vivante qui devient et passe, le porteur de l'expérience de la vie dont nous sommes les enfants?
On l'a toujours fait, certes, et on le fera toujours, mais celui qui sait ne peut plus faire retomber cet énorme poids de signification, de responsabilité et de devoir, de ciel et d'enfer, sur ces êtres faibles et faillibles, dignes d'amour, d'indulgence, de compréhension et de pardon qui nous furent donnés pour mères.
Il sait que la mère est porteuse de cette image innées en nous qui est la mater natura et la mater spiritualis, la sphère de la vie tout entière, à laquelle, enfants, nous avons été confiés et, en même temps, abandonnés. Il n'a pas non plus le droit d'hésiter un instant à délivrer la mère humaine de ce fardeau effrayant, par égard pour elle et pou lui-même. Car c'est précisément ce poids de signification qui nous enchaine à la mère et qui l'enchaine à son enfant, pour la perte spirituelle et physique de l'une et de l'autre.
On ne dénoue pas un complexe maternel en réduisant unilatéralement la mère à une mesure humaine, et, pour ainsi dire en la "rectifiant". Ce faisant, on court le danger de dissoudre en atomes l'expérience "mère", de détruire ainsi une valeur suprême et de jeter au loin la clé d'or qu'une bonne fée mit dans notre berceau. C'est pourquoi l'homme a instinctivement adjoint au couple des parents le couple divin préexistant sous la forme de "godfather" et de la "godmother", de parrains du nouveau-né, afin que celui-ci ne risque pas, par inconscience ou rationalisme à courte vue, de revêtir les parents de divinité.

C.G. Jung
Les racines de la conscience.

12 sept. 2006

Le miroir et la persona

Qui regarde dans le miroir de l'eau aperçoit, il est vrai , tout d'abord sa propre image. Qui va vers soi-même risque de se rencontrer soi-même. Le miroir ne flatte pas, il montre fidèlement ce qui regarde en lui, à savoir le visage que nous ne montrons jamais au monde, parce que nous le dissimulons à l'aide de la persona, du masque du comédien. (...)
C'est la première épreuve du courage sur le chemin intérieur, épreuve qui suffit pour effaroucher la plupart, car la rencontre avec soi-même est de ces choses désagréables auxquelles on se soustrait tant que l'on a la possibilité de projeter sur l'entourage tout ce qui est négatif.

Les Racines de la conscience - C.G. Jung

19 juin 2006

La synchronicité.

Le phénomène de synchronicité se compose donc de deux éléments:

  1. une image inconsciente vient à la conscience,de maniere directe(littérale) ou indirecte (symbolique) par la voie du rêve, de l'inspiration soudaine ou du pressentiment;
  2. avec ce contenu psychique vient coïncider un fait objectif.

(...)

Le principe de synchronicité affirme que les termes d'une coïncidence signifiante ou de l'ordre du sens sont liés par la simultanéité et par le sens.

Synchronicité et Paraceslsia - Carl Gustav Jung