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7 févr. 2011

De la localisation de l'anima et de l'animus.

Ils vivent et fonctionnent manifestement dans les couches profondes de l'inconscient, dans (...) l'inconscient collectif. Cette localisation pour une grande part explique leur étrangeté: ils communiquent à la conscience éphémère une vie psychique inconnue appartenant à un lointain passé, l'esprit de nos ancêtres ignorés, leurs modes de vie et du monde, en face des dieux et des hommes. l'existence de cette couche archaïque forme probablement la racine de la croyance à la réincarnation et aux souvenirs de "vies antérieures".



C.G Jung
La Guérison psychologique

Du traitement analytique.

Par "analytique" je désigne tout procédé qui tient compte, en la discutant, de la présence de l'inconscient. Un procédé suggestif  par contre ignore ce problématisme.



C.G Jung
La Guérison psychologique.

Du dynamisme massif des forces inconscientes.

Normalement la collaboration de l'inconscient et du conscient s'effectue sans heurts et sans perturbations, de sorte qu'on ne remarque même pas l'existence de l'inconscient. Mais lorsqu'un individu ou un groupe social s'écarte exagérément de son assisse instinctive, il apprend à connaître à ses dépens le dynamisme massif des forces inconscientes. La collaboration de l'inconscient est intelligente et orientée vers un but et lorsqu'il se comporte de façon oppositionnelle par rapport à la conscience son expression est encore intelligemment compensatrice, comme si l'inconscient s'efforçait de rétablir un équilibre compromis.



C.G Jung
La Guérison psychologique.

26 janv. 2011

De la conscience.

La conscience provient d'une psyché inconsciente plus ancienne qu'elle et qui, en collaboration avec la conscience ou en dépit de celle-ci, continue de fonctionner.

C.G Jung
La Guérison psychologique.

12 août 2010

De l'imagination active.

Jung n'a pas gardé ses découvertes secrètes pour en tirer avantage : il a enseigné à nombre de ses patients ce dialogue avec l'inconscient dénommé par lui "imagination active".
Le principe de cette attitude consiste à laisser venir à soi tout ce qui émerge de l'inconscient : émotions, affects, phantasmes, pensées obsédantes, images oniriques à l'état de veille, en excluant l'attention critique, et à se confronter avec eux comme avec une présence objective. Ces éléments utilisent souvent un langage pathétique, "un mélange infernal de sublime et de ridicule". Le plus souvent le conscient en est tout d'abord choqué et il est tenté de tout rejeter en bloc comme absurde. Il peut se faire aussi qu'une crispation du conscient fasse naître de l'angoisse : "rien ne vient", ou que l'on passe trop profond dans l'inconscient et que l'on s'endorme. La confrontation vigile avec l'inconscient est l'essence de l'imagination active. Elle demande une attitude éthique à l'égard des phénomènes intérieurs. Faute d'une telle attitude, on succombe au principe de puissance et l'imagination devient destructive pour soi-même et pour les autres. Elle devient alors une sorte de magie noire. Les phantasmes peuvent prendre la forme de comptes rendus écrits, de dessins, de peintures ou (plus rarement) de danses. La conversation écrite est la forme la plus différenciée, celle qui, la plupart du temps, mène le plus loin.



Marie-Louise von Franz
C.G.JUNG, Son mythe en notre temps

6 août 2010

Animus et Anima.

Après que les aspects "inférieurs" du moi ont été rendus conscients et intégrés, on voit généralement apparaître, dans l'inconscient, la figure du sexe opposé. Si la conscience accorde la prédominance à l'aspect de logos de la vie, comme c'est généralement le cas chez l'homme, l'aspect d'éros est personnifié dans les rêves par des figures féminines, et, inversement, lorsque le moi accorde la suprématie à l'élément éros de la vie, ce qui est le plus habituel chez la femme, on voit se présenter des personnifications masculines. Les images inconscientes du sexe opposé sont désignées par Jung du mot d'anima chez l'homme et d'animus chez la femme. L'anima manifeste sa présence chez l'homme, principalement sous forme d'humeurs ou de dispositions d'âme, de phantasmes érotiques, d'impulsions ou de désirs de vivre; l'animus chez la femme apparaît plutôt comme impulsion à agir, initiative, discours, opinions, convictions ou idées autonomes. Ces composantes sexuelles de la personnalité forment un pont permettant la relation avec l'autre sexe (la plupart du temps sous forme de projection); mais elles constituent également un obstacle notable à la compréhension du partenaire ou de la partenaire. En effet l'anima provoque habituellement une irritation chez l'homme et l'animus chez la femme et c'est en cela que réside la fameuse inimitié des sexes. La plupart des difficultés conjugales ont là leur source.



Marie-Louise von Franz
C.G.JUNG, Son mythe en notre temps

5 août 2010

Le médecin est ainsi un herméneute,

Le médecin est ainsi un herméneute, un traducteur et un interprète des messages symboliques des rêves que le patient conçoit dans la nuit de sa profondeur.
L'action de Jung rejoint à cet égard celle des anciens chamans et des medecine-men. Ceux-ci cherchent également, par leurs propres méthodes (transes, techniques oraculaires, etc.), à discerner ce que les "esprits", c'est-à-dire l'inconscient activé ou certains complexes, veulent des malades, pour les apaiser ensuite par des rites correspondants: expiations, sacrifices, etc., ou, lorsque ces esprits ne peuvent se rattacher à la personnalité consciente, pour les chasser.
Le chaman ne peut le faire que parce qu'il a lui-même affronté le monde des esprits, l'inconscient, au cours de sa maladie initiatique, et que, pour cette raison, il comprend le langage des esprits et des bêtes.
Il ne guérit pas par lui-même, il ménage la rencontre curative avec les puissances divines.


Marie-Louise von Franz
C.G.JUNG, Son mythe en notre temps

21 mai 2010

Un seul observateur observant une infinité d'objets.

Jordan dit que l'émetteur et le récepteur, placés dans un même espace de conscience, considèrent en même temps le même objet. On pourrait aussi bien retourner cette proposition et dire que, dans l'"espace" inconscient, émetteur et récepteur sont un seul et même sujet qui perçoit [...]. La conception  de Jordan, si on la poussait jusqu'à son ultime conséquence logique, conduirait à admettre l'existence d'un espace inconscient absolu, dans le quel une infinité d'observateurs observent le même objet. La version psychologique en serait: il n'y a dans l'inconscient qu'un seul observateur observant une infinité d'objets.

Lettre de Jung à Pauli citée par
Marie-Louise Von Franz
Matière et psyché.

17 janv. 2010

Le dogme reflète la psyché.

Or les images chrétiennes que je viens de citer  n'appartiennent pas au christianisme seul (...) De pareilles idées n'ont jamais été inventée. Elle prirent naissance à une époque où l'humanité n'avait pas encore appris à utiliser l'esprit comme une activité dirigée. Avant que les hommes apprissent à produire des pensées,la pensée vint vers eux. Ils ne pensaient pas; ils percevaient leur fonctionnement mental. Le dogme est comparable au rêve: il reflète l'activité spontanée et autonome de la psyché objective, c'est à dire l'inconscient.


C.G. Jung,
Psychologie et religion.

20 août 2009

De l'intégration de soi-même.

Si j'avais laissé les choses demeurer sur le plan de l'émotion, il y a lieu de penser que j'aurais été déchiré par les contenus de l'inconscient. Peut-être aurais-je du les refouler, les dissocier,les scinder; mais alors, j'aurais immanquablement été victime d'une névrose(...). Mon expérience eut pour résultat de m'apprendre combien il est salutaire, du point de vue thérapeutique, de rendre conscientes les images qui résident, dissimulées, derrière les émotions.

C.G. Jung,
Ma vie.

4 janv. 2009

Psyché et matière dans l'alchimie et la science moderne.

Si nous considérons l'inconscient collectif comme un "continuum collectif" ou comme un "présent sans étendue", alors quelque chose qui survient dans un lieu et qui touche à l'inconscient collectif arrive partout à la fois.
Selon la physique il y aurait, dans un tel cas, "un espace inconscient absolu dans lequel un nombre infini d'observateurs contemplent le même objet". Mais si l'on se place du point de vue complémentaire de la psychologie des profondeurs, "il n'y aurait au contraire qu'un observateur (situé dans l'inconscient), qui contemplerait une infinité d'objets". Cet observateur unique est ce que Jung appelle le Soi qui cherche à se réaliser en chaque individu (lettre de W.Pauli, Correspondance I).

Marie-Louise Von Franz
Matière et psyché

9 août 2008

Quels sont mes droits essentiels ?

  • Avant toute chose, tu devrais avoir le droit d'être engendré par un père et une mère qui s'aiment, au cours d'un acte sexuel couronné par un orgasme mutuel, afin que ton âme et ta chair prennent racine dans le plaisir.
  • Tu devrais avoir le droit de n'être ni un accident ni une charge, mais un individu attendu et désiré de toute la force de l'amour, comme un fruit qui donne du sens au couple, lequel devient désormais une famille.
  • Tu devrais avoir le droit de naître avec la sexe que la nature t'a donné. Tu devrais avoir le droit d'être pris en compte dès le premier mois de ta gestation. A tout instant la femme enceinte devrait accepter le fait qu'elle est deux organismes en voie de séparation et non un seul qui s'étend.
  • Personne ne peut t'accuser des accidents pouvant survenir pendant l'accouchement. Ce qui t'arrive dans la matrice n'est jamais ta faute: par ressentiment contre la vie, la mère ne veut pas accoucher et, à travers son inconscient, t'enroule le cordon ombilical autour du cou et t'expulse, incomplet, avant terme. Comme on ne veut pas te mettre au monde, parce que tu es déjà un tentacule de pouvoir, on te retient plus de neuf mois, tandis que le liquide amniotique sèche et que ta peau se brûle; on te fait tourner jusqu'à ce que tes pieds, et non ta tête, entament le glissement vers la vulve, comme les morts vont à la niche, les pieds devant; on te gave plus qu'il ne faut pour que tu ne puisses pas passer par le vagin, la naissance heureuse étant remplacée par une froide césarienne, qui n'est pas un accouchement mais l'extirpation d'une tumeur. Refusant d'assumer la création, on ne collabore pas avec tes efforts et sollicite l'aide d'un médecin qui t'opprime le cerveau avec ses forceps; souffrant d'une névrose de l'échec, on te fait naître à moitié étouffé, tout bleui, t'obligeant à imiter la mort émotionnelle ce ceux qui t'ont engendré...
  • Tu devrais avoir le droit à une profonde collaboration: l'envie d'enfanter de la mère doit être aussi grande que l'envie de naître du bébé, fille ou garçon. L'effort sera mutuel et bien équilibré. A partir du moment où cet univers te produit, tu as la droit d'avoir un père protecteur, qui soit présent tout au long de ta croissance. De même que l'on donne de l'eau à une plante assoiffée, tu as le droit, quand tu t'intéresses à une activité, de te voir offrir le plus grand nombre de possibilités afin que tu te développes sur le sentier que tu as choisi.
  • Tu n'es pas venu réaliser le plan personnel d'adultes t'imposant des objectifs qui ne sont pas les tiens, le principal bonheur que t'autorise la vie est de te permettre de t'atteindre toi-même.
  • Tu devrais avoir le droit de posséder un espace où pouvoir t'isoler pour construire ton monde imaginaire, de voir ce que tu veux sans que ton regard soit limité par des morales caduques, d'entendre ce que tu désires, même si ce sont des idées contraires à celles de ta famille.
  • Tu n’es venu réaliser personne d’autre que toi-même, tu n'es venu occuper la place d'aucun mort, tu mérites d’avoir un nom qui ne soit pas celui d’un parent disparu avant ta naissance : quand tu portes le nom d’un défunt, c’est parce qu’on t’a injecté un destin qui n’est pas le tien, usurpant ton essence.
  • Tu as parfaitement le droit de ne pas être comparé; aucun frère, aucune soeur ne vaut plus ou moins que toi, l’amour existe quand on reconnaît l’essentielle différence. Tu devrais avoir le droit d'être exclu de toute querelle entre tes parents, de ne pas être pris comme témoin dans les discussions, de ne pas être le réceptacle de leurs angoisses économiques, de grandir dans une ambiance de confiance et de sécurité.
  • Tu devrais avoir le droit d’être éduqué par un père et une mère guidés par des idées communes, ayant aplani entre eux, dans l’intimité, leurs contradictions. S’ils divorcent, tu devrais avoir le droit de ne pas être oblige de voir les hommes avec les yeux pleins de ressentiment d’une mère, ni les femmes avec les yeux pleins de ressentiment d'un père.
  • Tu devrais avoir le droit qu’on ne t'arrache pas du lieu où tu as tes amis, ton école, tes professeurs préférés.
  • Tu devrais avoir le droit de ne pas être critiqué si tu choisis un chemin qui n’était pas dans les plans de tes parents ; d’aimer qui tu veux sans avoir besoin d’approbation, et, quand tu t’en sens capable, d’abandonner le foyer et de partir vivre ta vie; de dépasser tes parents, d’aller plus loin qu’eux, de réaliser ce qu’ils n’ont pu réaliser, de vivre plus longtemps qu'eux.
  • Enfin, tu devrais avoir le droit de choisir le moment de ta mort sans que personne, contre ta volonté, te maintienne en vie.
A. Jodoroswky
La danse de la réalité.


10 déc. 2007

La réalité de l'âme.

(...) je voudrais faire remarquer que nous avons en quelque sorte, 3 degrés à distinguer pour l'âme:
  1. la conscience;
  2. l'inconscient personnel qui se compose en premier lieu des contenus devenus inconscients, soit parce qu'ils ont perdu leur intensité et sont par conséquent tombés dans l'oubli, ou parce que la conscience s'en est retirée (ce qu'on appelle refoulement), et ensuite de ces contenus, perceptions sensibles en partie qui, par suite de leur trop faible intensité, n'ont jamais atteint la conscience et sont pourtant entrés de quelque façon dans la psyché;
  3. l'inconscient collectif, héritage de possibilités représentatives qui n'est pas individuel, mais généralement humain, même généralement animal et constitue le fondement proprement dit de psychisme individuel.
C.G Jung
La réalité de l'âme.

11 mars 2007

Erôs et Logos.

Alors que, dans l'attitude externe de l'homme , logique et réalisme prédominent ou sont, pour le moins, son idéal, chez la femme, c'est le sentiment qui tient le plus de place. Dans l'âme, c'est le contraire; intérieurement, l'homme s'abandonne aux sentiments et la femme délibère. Aussi l'homme désespère-t-il toujours plus vite dans des circonstances où la femme peut toujours consoler et espérer, et recourt-il plus facilement au suicide. Si la femme devient aisément victime des conditions sociales, l'homme succombe aussi aisément aux poussées de l'inconscient comme dans l'alcoolisme ou autre vices semblables.



L'Âme et la Vie -
Choix d'extraits de l'oeuvre de Jung,
bâti et ordonné par le docteur Jolande Jacobi

21 sept. 2006

L'inconscient est antérieur à la conscience.

L'inconscient constitue une donnée originelle où la conscience va toujours puiser et se renouveler. La conscience de soi constitue un effort épuisant; nous possédons pourtant cette faculté de nous concentrer, pendant une période relativement courte, mais nous finissons invariablement par retomber dans un état inconscient, en sombrant dans le rêve ou en nous abandonnant à des associations non contrôlées.


Sur l'interprétation des rêves. - C.G. Jung

21 juin 2006

De la différenciation chez l'homme civilisé.

Dans la mesure où la distinction entre le sujet et l'objet n'est pas consciente, il règne une identité inconsciente. L'inconscient est en effet projeté dans l'objet, et l'objet introjecté dans le sujet, c'est à dire rendu psychologique. Alors les plantes et les animaux se comportent comme des humains, et les humains sont à la fois eux-mêmes et des animaux, et tout est animé par des esprits et des dieux.

L'homme civilisé se croit naturellement bien au dessus de tout cela. Mais à la place il est bien souvent identifié toute sa vie à ses parents; il est identique à ses affects et à ses préjugé et il taxe effrontément les autres de ce qu'il ne veut pas voir en lui-même. En fait, il possède encore un reste d'inconscience primitive, c'est à dire d'absence de différenciation entre le sujet et l'objet. A cause de cette inconscience il est influencé sans réserve par des humains, des objets et des circonstances innombrables; son esprit est rempli d'éléments parasites presque au même degré que celui du primitif, et c'est pourquoi il a tout autant besoin de magie apotropéique. Il n'utilise plus les sachets de médecine, les amulettes et les sacrifices d'animaux, mais les sédatifs, les névroses, le "progrès", le culte de la volonté et ainsi de suite.

Toutefois, s'il parvient à discerner que l'inconscient est une grandeur déterminante auprès du conscient et à vivre de manière à tenir compte, dans le mesure des possibilités, des exigences conscientes et inconscientes, c'est à dire instinctives, le centre de gravitation de la personnalité totale n'est plus le moi, qui est simplement le centre du conscient, mais une sorte de point virtuel situé entre le conscient et l'inconscient que l'on pourrait désigner du non de Soi.



Commentaire sur le Mystère de la Fleur d'Or - Carl Gustav Jung

20 juin 2006

Le culte exclusif du conscient.

Si les tendances à la dissociation n'étaient pas des propriétés inhérentes à l'âme humaine, on n'aurait jamais vu apparaître de systèmes psychiques fragmentaires; en d'autres termes, il n'y aurait jamais eu d'esprit ou de dieux. Voila également pourquoi notre époque s'est vidée à un degré si aigu de dieux et de saints: la raison en est notre méconnaissance de la psyché inconsciente et notre culte exclusif du conscient. Notre véritable religion est un monothéisme de la conscience, un état de possession par la conscience accompagnée d'une négation fanatique de l'existence fragmentaires autonomes.

Commentaire sur le Mystère de la Fleur d'Or - Carl Gustav Jung

19 juin 2006

La synchronicité.

Le phénomène de synchronicité se compose donc de deux éléments:

  1. une image inconsciente vient à la conscience,de maniere directe(littérale) ou indirecte (symbolique) par la voie du rêve, de l'inspiration soudaine ou du pressentiment;
  2. avec ce contenu psychique vient coïncider un fait objectif.

(...)

Le principe de synchronicité affirme que les termes d'une coïncidence signifiante ou de l'ordre du sens sont liés par la simultanéité et par le sens.

Synchronicité et Paraceslsia - Carl Gustav Jung