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29 janv. 2016

Du mental.



Le mental fonctionne bien sûr de façon convexe. Il faut toujours qu’il comprenne, qu’il pénètre tout ce qu’il touche avec la lumière de la raison, de la logique, de la loi de cause à effet.
Une pensée convexe, c’est toujours : “j’espère, j’attends, je veux”.
Le monde de la convexité, dans lequel vous avez des certitudes, des nécessités de succès, de reconnaissance, d’amour—propre, vous amène ainsi très vite à la souffrance.
Et votre vie devient le mur des lamentations.

Luis Ansa,  
La voie du sentir

5 août 2010

Le médecin est ainsi un herméneute,

Le médecin est ainsi un herméneute, un traducteur et un interprète des messages symboliques des rêves que le patient conçoit dans la nuit de sa profondeur.
L'action de Jung rejoint à cet égard celle des anciens chamans et des medecine-men. Ceux-ci cherchent également, par leurs propres méthodes (transes, techniques oraculaires, etc.), à discerner ce que les "esprits", c'est-à-dire l'inconscient activé ou certains complexes, veulent des malades, pour les apaiser ensuite par des rites correspondants: expiations, sacrifices, etc., ou, lorsque ces esprits ne peuvent se rattacher à la personnalité consciente, pour les chasser.
Le chaman ne peut le faire que parce qu'il a lui-même affronté le monde des esprits, l'inconscient, au cours de sa maladie initiatique, et que, pour cette raison, il comprend le langage des esprits et des bêtes.
Il ne guérit pas par lui-même, il ménage la rencontre curative avec les puissances divines.


Marie-Louise von Franz
C.G.JUNG, Son mythe en notre temps

9 août 2008

De l'image de la mère qui a été chantée et célébrée dans tous les temps et dans toutes les langues.

C'est cet amour maternel qui fait partie des souvenirs les plus touchants et les plus inoubliables de l'âge adulte, et qui signifie la secrète racine de tout devenir et de tout transformation, le retour au foyer et le recueillement, le fond primordial silencieux de tout commencement et de toute fin. Intimement connue et étrange comme la nature, amoureusement tendre et cruelle comme le destin, dispensatrice voluptueuse et jamais lasse de vie, mère de douleurs, porte sombre et sans réponse qui se referme sur la mort, la mère est amour maternel, elle est mon expérience et mon secret. A quoi bon toutes nos paroles trop prolixes, trop erronées, trop pauvres, voire trop mensongères au sujet de cet être humain appelé mère, dont - pourrait-on dire - le hasard fit le porteur de cette expérience qui enferme en elle ma mère, moi, toute l'humanité, et même toute créature vivante qui devient et passe, le porteur de l'expérience de la vie dont nous sommes les enfants?
On l'a toujours fait, certes, et on le fera toujours, mais celui qui sait ne peut plus faire retomber cet énorme poids de signification, de responsabilité et de devoir, de ciel et d'enfer, sur ces êtres faibles et faillibles, dignes d'amour, d'indulgence, de compréhension et de pardon qui nous furent donnés pour mères.
Il sait que la mère est porteuse de cette image innées en nous qui est la mater natura et la mater spiritualis, la sphère de la vie tout entière, à laquelle, enfants, nous avons été confiés et, en même temps, abandonnés. Il n'a pas non plus le droit d'hésiter un instant à délivrer la mère humaine de ce fardeau effrayant, par égard pour elle et pou lui-même. Car c'est précisément ce poids de signification qui nous enchaine à la mère et qui l'enchaine à son enfant, pour la perte spirituelle et physique de l'une et de l'autre.
On ne dénoue pas un complexe maternel en réduisant unilatéralement la mère à une mesure humaine, et, pour ainsi dire en la "rectifiant". Ce faisant, on court le danger de dissoudre en atomes l'expérience "mère", de détruire ainsi une valeur suprême et de jeter au loin la clé d'or qu'une bonne fée mit dans notre berceau. C'est pourquoi l'homme a instinctivement adjoint au couple des parents le couple divin préexistant sous la forme de "godfather" et de la "godmother", de parrains du nouveau-né, afin que celui-ci ne risque pas, par inconscience ou rationalisme à courte vue, de revêtir les parents de divinité.

C.G. Jung
Les racines de la conscience.

16 juin 2008

De la construction dramatique des rêves.

"..quand nous avons un rêve complexe, il se révèle souvent judicieux de schématiser ce dernier. Je vous livrerai ici un schéma qu'il est possible d'appliquer dans la plupart des cas :
  1. Situation: lieu, temps, "Dramatis Personae"
  2. Exposition: présentation du problème.
  3. Péripétie: présentation de l'action, surgissement de la catastrophe
  4. Lyse: résultat du rêve, conclusion significative. Représentation compensatoire de l'action du rêve.
(...). Telle est la structure typique du rêve. Essayez donc de considérer les rêves sous cet angle! La plupart des rêves procèdent de cette même construction dramatique."

C.G. Jung
Sur l'interprétation des rêves

26 juin 2006

De l'endogamie psychique

Rien n'exerce une influence plus forte sur l'âme de l'entourage, en particulier sur celle des enfants, que la vie non vécue des parents.
(...)
Un grand, un unique amour l'attache à son père, le seul être duquel il se souvienne avec affection. un fils aussi fidèle s'acquittera de la dette paternelle. Tout le renoncement du père se transformera chez le fils en ambitieuse exigence. Le ressentiment et l'inévitable complexe d'infériorité du père feront du fils le vengeur des injustices que celui-ci avait subies. il brandira son épée contre toute autorité quelle qu'elle soit, et combattra comme un adversaire de son propre père tout ce qui prétendra à la potestas patris. Tout ce que le père perdit ou ce à quoi il renonça, succès et renommée, vie indépendante dans le vaste monde, il lui faudra le reconquérir, et en vertu d'une loi tragique, il lui faudra même se brouiller avec ses amis , comme conséquence inéluctable de son attachement à un unique ami, le père; car l'endogamie psychique est punie de lourdes peines en destinée.


Synchronicité et Paracelsica - C.G. Jung